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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 16:08

Mat,

Hier, le 14 janvier 2011, nous étions chez ton ophtalmologue. Nous avons beaucoup discuté. Je te propose d’appeler cela « notre dialogue » : nous sommes deux (dia), et nous échangeons nos (logos, en grec λόγος, parole, discours,). Nous le faisons depuis longtemps, et je pense qu’il n’est pas utile de noter ce qui me semble important.

A propos de la béatification de l’ancien pape, Jean-Paul II, nous disions que pour que le pape puisse déclarer une personne « sainte », la procédure exige, en dehors d’une vie de cette personne exemplaire, honnête et ayant, en tous points des qualités exceptionnelles, un miracle qu’on peut lui attribuer.

Un miracle ! Beaucoup de personnes aujourd’hui n’y croient pas. Comment croire à quelque chose que l’on ne peut pas expliquer scientifiquement ? Comment savoir exactement comment les choses se passent ? Jeanne d’Arc, a-t-elle entendu les voix des anges ? Comment préciser les causes de la catastrophe de l’avion présidentiel polonais, le 10 avril 2010 ? Comment ont été tués les deux malheureux civils  Français qui seront enterrés lundi prochain ?

Une religieuse française, gravement malade de la maladie de Parkinson, s’est réveillée un matin entièrement guérie. Elle dit que c’est grâce aux prières de Jean-Paul II. Elle va en parler le 1 mai, au moment de la cérémonie. Que peut-on savoir ? Que deviner ? Comment interpréter ? Que-est-ce qu’il y a de vraiment important dans cette historie ?

A ce propos, je pense la chose suivante : j’ai beaucoup aimé Jean-Paul II. A mes yeux, c’était un des très grands papes de l’histoire. J’ai été déçu qu’il ne soit pas allé à l’enterrement de Monseigneur Romero, un évêque de San Salvador, tué par des terroristes pendant sa messe, dans une église en 1980 – peut-être des raisons que j’ignore (diplomatiques ?) étaient plus fortes, je ne sais pas. J’ai regretté qu’il n’ait pas nommé cardinal monseigneur Dom Helder Camara, un évêque brésilien qui avait ouvert son palais aux pauvres – pour quelles raisons ? A mon niveau, je me rends compte que je ne peux pas tout savoir …

Songe encore, qu’il était Polonais, et le  déclarer « saint » est une « promotion » énorme pour la Pologne, pour les Polonais, surtout à un moment si difficile en Pologne, avec les choses qui se passent après la mort du président.

Tu vois, les choses s’enchaînent : un événement produit un autre, une réaction provoque une autre, et tout cela fait que des choses arrivent.

Parmi nos sujets, j’en  note encore un, qui m’a beaucoup frappé. Quand tu as comparé les comportements de Tasia et de Rafael. Je t’avais dis que je ne voyais pas cela de cette façon, mais que ton intuition était bonne. Cela me fait penser à la différence entre les personnes. Je te disais qu’un dialogue avec Tasia viendrait, qu’il fallait seulement lui permettre d’y arriver, et qu’elle avait besoin de temps pour cela. J’y crois, Mat.

Voilà pour aujourd’hui. Je suis vraiment content de nos échanges.

II

Je continue: j’ai dis que ce que nous faisons, c’est un „dialogue”, donc une forme de „communication”. Nous avons parlé de Dieu, de ce qui n’est pas « matériel », et nous avons utilisé des mots comme « religion », « mythe », qui ne sont pas évidents à comprendre. On peut parler des « symboles », du « monde matériel » et du monde « symbolique ». Dans un texte polonais, j’ai trouvé aujourd’hui les mots en latin : « animal loquax (un animal, celui qui est en dialogue avec lui-même)». Des mots, des mots … Cela dure depuis que la civilisation existe, dans toutes les langues. En Europe, en 1455, Gutenberg a publié, en 200 exemplaires, la Bible, et depuis on n’arrête pas d’imprimer, on a inventé le télégraphe, le téléphone, le fax, le mail, …

Toi, Rafael, Oma et moi-même (plus rarement), nous nous servons aussi de l’mage, de la communication par images. Sans « l’image », il n’y pas (ou presque » « d’information ».

Avec tout cela, on ne « comprend » pas et on ne « voit » pas de la même façon qu’avant, quand par exemple, j’étais jeune. On peut penser qu’une partie de l’information n’existe pas, on tient moins compte de ce que la parole écrite  a transmis. Pour vendre (un journal, une émission télé, …) il faut que les informations soient « compactées », brèves, qu’il y ait des images en couleurs …

Voir n’est pas la même chose que comprendre. Pour connaître, voir (des photos, des dessins, des écrans télé) … peut aider, mais il faut « aller » plus en profondeur des choses, se servir de sa pensée … Avec des images, comment parler de « la liberté » de « la justice », de « l’amour » dont Tu as parlé hier ?

Qu’en penses-Tu ?

Tristesse, aujourd’hui,

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Published by 011bukowski.over-blog.fr - dans filozofia
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